Pour réaliser son activité, la PME doit combiner des facteurs de production qui lui occasionnent des dépenses. Certaines dépenses traduisent une consommation immédiate, d'autres correspondent à des utilisations plus durables. Cette distinction permet de différencier les achats des investissements. 

1- Distinction entre achat et investissement

A. Définitions

  • Les charges correspondent aux achats de biens et services consommés de façon irréversibles par l'entreprise dans le cadre de son activité. Elles sont enregistrées dans les comptes de la classe 6. 

  • Un actif est un élément identifiable du patrimoine ayant une valeur économique positive que l'entreprise contrôle et dont elle attend des avantages économiques futurs (PCG art. 211-1). Il figure au bilan de l'entreprise. 

  • Si l'actif est destiné à la vente ou à être incorporé dans un processus de fabrication, il s'agit d'un stock (produits finis, marchandises ou matières premières). 

  • Si l'actif est destiné à une utilisation durable dans le processus de production, il constitue une immobilisation et représente un investissement pour l'entreprise. 

Remarque

Step 1

La fonction d'achat couvre tous les besoins d'exploitation de l'entreprise. 

La fonction approvisionnement assure l'organisation, la planification et le contrôle des stocks de l'entreprise. 

B. Typologie des achats

  • Les achats stratégiques. Ils concernent les produits (matières premières, biens de production...) dont les risques de rupture d'approvisionnement menacent directement la production. L'acheteur ne traite qu'avec un nombre restreint de fournisseurs. 

  • Les achats non stratégiques. Ils concernent les autres produits. Cela représente un nombre élevé de fournisseurs et leur gestion suppose des coûts importants liés au grand nombre de commandes. 

C. Typologie des investissements

  • Les immobilisations corporelles sont des actifs durables ayant une substance physique, concrète, palpable. On distingue les terrains, les constructions, les installations techniques et les autres immobilisations (matériel de transport, matériel informatique). 

  • Les immobilisations incorporelles sont des actifs immatériels durables : logiciels, brevets, marques, droit au bail, fonds de commerce. 

2- Processus d'achat

A. Les étapes du processus d'achat

Le rôle des fonctions achat et approvisionnement est de convertir des besoins en commandes fermes. Pour cela, l'acheteur suit un processus en plusieurs étapes : 

> Transmission par les services internes de leurs besoins à l'acheteur. 

> Choix du fournisseur parmi les fournisseurs qualifiés ou processus de sélection d'un fournisseur. 

> Passation de la commande

> Contrôle de la livraison et de sa conformité à la demande initiale. 

> Paiement du fournisseur selon l'échéancier (après rapprochement avec le bon de commande et le bon de livraison) et enregistrement comptable. 

B. La démarche de négociation des achats

La négociation est un élément clé de l'acte d'achat. Elle se fonde sur une relation gagnant/gagnant. Elle doit être réfléchie et préparée en amont. La définition de la stratégie d'achat permet d'assurer une bonne maîtrise du contexte de négociation. Elle obéit à une démarche. 

Collecte des informations sur le fournisseur

  • La collecte peut porter sur l'entreprise : sa santé financière, sa place sur le marché, sa taille, son historique, les concurrents, l'interlocuteur et son pouvoir des informations sur de décision. 

  • La collecte peut aussi porter sur les produits : leurs caractéristiques techniques, leurs avantages concurrentiels, les prix et conditions d'achats. 

Réalisation du plan de négociation

  • Points à négocier : la qualité du produit, le prix, la mise en service, le SAV, le transport, l'assurance, la garantie, les conditions de règlement... 

  • Objectifs à atteindre : ils peuvent être classés en deux catégories : les incontournables — ceux qui sont non négociables (qualité, respect des délais, etc.) et ceux qui peuvent être améliorés (le prix). 

  • Argumentaires d'achat en distinguant argumentaires généraux et argumentaires spécifiques. 

Réalisation du plan de négociation

  • Mettre l'interlocuteur en confiance, créer un climat de sympathie. 

  • Obtenir un maximum d'informations pour mieux cerner les objectifs de l'interlocuteur. Conserver la maîtrise de la situation. 

  • Mettre en avant ses arguments. 

Réalisation du plan de négociation

  • Comparer les résultats obtenus avec les objectifs. 

  • Reformuler les points d'accords. 

3- Processus d'investissement

A. L'acquisition des immobilisations

L'acquisition des immobilisations s'effectue selon le même processus que pour les achats. Pour leur enregistrement, les immobilisations sont évaluées, à leur acquisition, de la manière suivante :

Prix d'achat HT + TVA non déductible + coût de démantèlement de l'ancienne immo - remises commerciale - remises financières + frais de mise en place + frais d'acquisition

B. L'amortissement des immobilisations

  • L'amortissement comptable d'une immobilisation. Il permet de constater sa perte de valeur au fil du temps. Mais certaines immobilisations conservent leur potentiel de service au fil du temps (exemples : terrains, droit au bail, titres financiers. ..) et ne sont donc pas concernées par l'amortissement. 

  • Chaque année, on constate la dépréciation des immobilisations, à l'actif du bilan où figure : 

> la valeur brute de l'immobilisation (valeur d'acquisition) ; 

> le cumul des amortissements depuis l'entrée du bien dans l'entreprise ; 

> la valeur nette comptable (valeur brute — cumul des amortissements). 

  • Le plan d'amortissement d'un bien. C'est un tableau qui présente les montants annuels d'amortissement au cours de la durée de vie normale de ce bien. Il prend en compte différents paramètres :  

> la base amortissable sur laquelle est calculé l'amortissement, c'est-à-dire la valeur d'acquisition ;

> la valeur résiduelle, sachant qu'elle peut être égale à 0, ce qui est souvent le cas ; 

> la durée d'utilisation du bien qui dépend de l'intensité d'utilisation, de l'obsolescence, de la politique de renouvellement de l'entreprise ; 

> le mode de calcul qui reflète le rythme de consommation des avantages : 

  • l'amortissement linéaire constate une perte de valeur régulière (il est calculé en appliquant un taux constant à la base amortissable), 

  • l'amortissement par unités d'œuvre constate une perte de valeur liée à l'intensité d'utilisation du bien (il est calculé proportionnellement à la consommation d'une unité d'œuvre), 

  • l'amortissement dégressif (il est calculé en appliquant un taux constant à une valeur dégressive).